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samedi 24 mars 2012

Mars

Marsannay, réveille-toi !

Marsannay-en-Saint-Urbain

Ce samedi de nombreux jardiniers retournent la terre, la préparent, la bichonnent, tirent les cordeaux et sèment en ce jour "feuille" les épinards, bettes, salades, cerfeuil...s’arrêtant de temps à autre pour échanger impressions, idées ou projets.

Alors qu’aujourd’hui une grande manifestation

a lieu à Nantes contre le projet de construction

à Notre-Dame-des-Landes d’un aéroport

gigantesque et dépassé [1]

qui menace 2000 ha de terres agricoles bocagères

d’une biodiversité exceptionnelle,

Saint Urbain et ses jardiniers déterminés

luttent aussi

pour que Marsannay ne perde pas son âme !

Les épines noires ont jailli

dans le vieux jardin

qu’on appelait autrefois "le château".

Les pêchers de vigne préparent leurs bourgeons aux couleurs de Rosé
nonchalamment surveillés par les arrosoirs en sentinelle.

Les feuilles des framboisiers naissantes se déplissent à peine en un vert vif et frais.

La sève fait gonfler les bourgeons des pommiers qui saluent le ciel d’azur.

Le promeneur se laisse surprendre

par une colonie de champignons

créant par leurs courbes chatoyantes

un rythme artistique et savant.

Les tonneaux se préparent à contenir à la place du vin célèbre de Bourgogne, l’eau tiédie pour l’arrosage .

Une toute jeune fille aide son père à préparer la terre pour y semer les carottes et bientôt planter les fraisiers.

Chacun s’active et respire.

Comme il fait bon cet après midi de printemps à sentir tout autour de nous la vie frémir !

Un parfum d’éternité flotte sur Saint Urbain...

Non ! Saint Urbain n’est pas fait pour les bulldozers, les pelleteuses, les bétonnières et les goudronneuses !

Engloutie, notre terre nourricière ?

Arrachés, ces vieux fruitiers ?

Détruits, ces anciens potagers ?

Disparues, ces cultures de tomates, de haricots verts, de choux et de potirons... ?

Comblés, ces puits creusés par nos pères ?

Chassés et tués, les oiseaux, les geais, les tritons et les coccinelles,

les grillons et les abeilles... ?

Sabordé, le paysage quand le ciel aux nuages cotonneux s’étire

tranquillement, en caressant les arbres et les tournesols, du clocher de

Perrigny à la montagne, en passant par le clocher de Marsannay ?

Loger, construire, oui, mais pas n’importe comment !

Pas à n’importe quel prix !

Pourquoi justement s’en prendre aux jardins potagers, aux vergers,

à ces endroits où la terre est bonne et la convivialité réelle ?

Marsannay, réveille-toi !

Saint Urbain, c’est toi !

En cette période de montée de la sève, ne perds pas ton âme, ne perds pas ton sang !

Voir en ligne : Pourquoi cette lutte à Notre Dame des Landes

Notes

[1] il n’y a aucun problème de saturation ni de sécurité à l’aéroport actuel

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Météo en Saint Urbain :


Rencontres à la croisée des chemins

Pourquoi les jardins de Saint Urbain doivent-ils être protégés ?

Aujourd’hui, c’est un non sens de bétonner et goudronner une terre vouée au maraîchage depuis des siècles et qui est toujours cultivée par des familles à la recherche d’une alimentation plus saine, moins coûteuse et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Cette terre de saint Urbain n’a jamais été aussi précieuse au moment où la ville tentaculaire se construit en étouffant la vie et où les décideurs cèdent aux promoteurs plutôt que d’être attentifs aux besoins des personnes, au moment où notre planète est en danger, la vie menacée, le monde déshumanisé... Se battre pour sauver Saint Urbain, c’est faire sa part de colibris, participer un peu à sauver ce qui peut encore l’être, à un éveil des consciences qui ne fait que commencer et qui permet à l’espoir de tracer son chemin vers l’avenir.