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mardi 27 mars 2012

Diverses analyses menées cet hiver pour répondre aux questions des jardiniers

Au fil de l’eau.

Trois approches techniques qui posent autant de questions qu’elles n’en résolvent...

  • Où il est question de débit...
  • ...avec des axes de circulation...
  • ...qui se croisent sans se rencontrer.

Cet article vous informera sur la question des débits. Les prochains articles seront consacrés aux "axes de circulation" ! ou veines d’eau...

Comment évaluer le volume d’eau qui circule à notre insu sous nos pieds ?

On peut faire quelques petits calculs simples, gratuits, mais très édifiants !

Notre bassin versant [1] de Marsannay reçoit plus de 4 millions de m3 d’eau par an.

Explication :

  • la superficie du bassin est de 5,5 km2,
  • la pluviométrie moyenne est de 750 mm d’eau par an, (soit 750 litres/m2),
  • 1 km2= 1 millions de m2

Petit calcul d’arithmétique : 750 X 5,5 x 1000

= 4 125 000 m3/an

C’est la quantité d’eau de pluie qui se déverse sur le bassin de Marsannay.

Soit un débit moyen de 130 litres/seconde.

Pour donner un ordre de grandeur, c’est le débit de la Sansfonds en plein été - sachant que la Sansfonds (ou Cent-Fonts) n’est pas l’exutoire de ce bassin versant).

Il faut compter avec l’évaporation, et comme le sol en surface n’est pas imperméable, il y a des infiltrations… ce qui n’est ni évaporé ni infiltré, c’est le ruissellement, qu’on appelle "la lame d’eau". (Pour exemple, cette lame est de 171 mm pour la Cent-fonds, de 330 mm pour l’Ouche ce qui correspond à la moyenne nationale des lames d’eau.) Mais à Marsannay, il n’y a pas de cours d’eau (lame d’eau = 0 mm) car il n’y a pas de ruissellement "aérien" [2]

Les seuls débits, temporaires ou artificiels, visibles à Marsannay, sont :

  • la source de Crosne [3]
  • le lavoir de l’Ormichal mais celui-ci n’est pas naturel [4],
  • le débouché (artificiel) du collecteur pluvial en Esbarres,
  • et des sources très intermittentes comme en St Urbain.

Comment alors évaluer le débit souterrain entre Marsannay bourg et la source naturelle de la Prielle à Perrigny-lès-Dijon ?

Une partie des eaux de pluie s’infiltreront en profondeur et définitivement... une autre partie, quantifiable, circule lentement dans le sol à faible profondeur en direction de la nappe phréatique Dijon-sud.

Les pentes du bassin de la Côte sont relativement fortes, ce qui a pour conséquence de limiter l’infiltration profonde.

Nos marnes (dites marnes bleues de Bresse), au pied de la Côte sont relativement imperméables, ce qui empêche une infiltration définitive.
L’eau du bassin de Marsannay est assez captive : elle passe sous nos pieds.

En résumé, l’essentiel des eaux pluviales ne s’infiltre pas en profondeur mais en surface et circule en petites veines d’eau qui alimentent la nappe phréatique.

Faisons une hypothèse : prenons comme exemple le chiffre de la lame d’eau de La Cent-fonts, considérant qu’il est bien en deçà de la moyenne nationale et faisons encore un petit calcul :
171 mm de lame d’eau correspondant à un débit de 32 l/s soit 17 m3 /h, soit 2800 m3 /j = 1 000 000m3/an , c’est à dire un milliard de litres !

Or il y a diffusion en un chevelu souterrain : la goulotte de St Urbain pouvant être la principale, on peut tabler sur 500 000m3/an c’est à dire la consommation des ménages d’une commune de ... de... 5000 habitants ! CQFD Rêvons ! Marsannay auto suffisant en eau.

De quoi mettre de l’eau dans son vin à Marsannay !

On peut aussi, par des forages, vérifier ces débits. Ce qui a déjà été fait, les anciens s’en souviennent. Mais on en parlera dans une prochaine série d’articles...

Notes

[1] Qu’est-ce qu’un bassin versant : exemple de la Vouge

[2] les spécialistes nomment ruissellement aérien les écoulements des rivières et ruissellement "souterrain" les nappes alluviales

[3] Crosne : Substantif d’origine gauloise "crosne" = excavation naturelle produite par les eaux sous une berge et où le poisson aime à se retirer.

[4] c’est un captage, il s’agit du trop plein du puits

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Rencontres à la croisée des chemins

Pourquoi les jardins de Saint Urbain doivent-ils être protégés ?

Aujourd’hui, c’est un non sens de bétonner et goudronner une terre vouée au maraîchage depuis des siècles et qui est toujours cultivée par des familles à la recherche d’une alimentation plus saine, moins coûteuse et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Cette terre de saint Urbain n’a jamais été aussi précieuse au moment où la ville tentaculaire se construit en étouffant la vie et où les décideurs cèdent aux promoteurs plutôt que d’être attentifs aux besoins des personnes, au moment où notre planète est en danger, la vie menacée, le monde déshumanisé... Se battre pour sauver Saint Urbain, c’est faire sa part de colibris, participer un peu à sauver ce qui peut encore l’être, à un éveil des consciences qui ne fait que commencer et qui permet à l’espoir de tracer son chemin vers l’avenir.