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dimanche 1er avril 2012

A la recherche de l’eau…

St Urbain, en juin 2011 :

L’aménageur mandaté par la commune a fait creuser par une entreprise 6 tranchées de 2,20m de profondeur qui montrent l’homogénéité du sol composé en superficie d’une couche d’argile de 2m d’épaisseur, cette couche est relativement peu épaisse car l’érosion mécanique a beaucoup joué à l’ère quaternaire dans l’axe de la combe Grand Vaux. Elle repose sur une couche de marne peu aquifère [1] mais le courant d’eau est visible à l’interface des deux formations géologiques- La partie supérieure des marnes. Deux tests montrent l’imperméabilité de la couche d’argile.

La même entreprise a réalisé un forage à 9 m de profondeur avec une manifestation artésienne [2] en retirant les forets Ce forage sert pour des relevés du niveau piézométrique [3].

Cela indique pour l’instant que nous sommes sur une zone de passage de veines d’eau, ce qui confirme le rapport d’un sourcier venu dans la même période. Cette circulation d’eau souterraine est visible au fond d’un puits situé rue des Avoines.

Ces infiltrations venues du plateau et de la côte passent dans le sous-sol de Marsannay pour alimenter en partie la double nappe phréatique de Dijon-sud (composée d’une nappe superficielle et d’une nappe profonde) qui fourniront en eau potable habitants et activités économiques. (On retrouve la même configuration à Fixin, Couchey, Gevrey, Vougeot.)
L’autre partie de cette alimentation vient de la nappe alluviale de l’Ouche au niveau du lac Kir.

Ces veines empruntent la strate de marne dans un sens de circulation orienté d’abord « ouest /est » puis, plus en aval, « sud-ouest/nord-est » à cause du changement de pente des couches imperméables profondes. La circulation semble être assez lente.

En Saint-Urbain, cette circulation s’avère captive car elle est surmontée de la couche d’argile homogène qui fait plafond. Le niveau piézo mesuré est généralement inférieur à l’épaisseur/ profondeur de cette couche d’argile (moins de 2 m) car la nappe est en légère charge (pression). Cette remontée artésienne est bien effective en hiver puisque les puits "débordent" : niveau piézo à 0 m, voire +20 cm ce qui occasionne une inondation par remontée de nappe (ce que délaisse le PPRI [4]car s’il n’y a pas de danger pour la vie humaine, il n’en tient pas compte).

Le long du talweg [5], parallèle à la rue du Rocher, allant du 7 rue du Château au bassin de rétention près de la route de Beaune, on constate ce système hydrologique : c’est là où sont creusés nos puits !

Dès qu’on s’éloigne de cet axe, l’argile est recouverte par les cailloutis et graviers dits « de Perrigny » : au nord en Méchalot-Champforey, au sud En les Barres et à l’est, de l’autre côté de la « route de Beaune » sur Perrigny.

Donc sous St Urbain, la nappe est peu protégée, sans couverture caillouteuse si bien qu’elle apparait à l’air libre en hiver.
Toute substruction [6] y perturbe la circulation souterraine et l’alimentation de la nappe Dijon-sud. Nous avons vu que la nappe est semi-captive et en charge, avec un niveau de saturation dépassant le niveau du sol, nous constatons chaque hiver des inondations par remontée de cette eau, il n’est pas besoin de creuser à 2m pour trouver l’eau ! Elle remonte bien avant ! Plus d’un habitant l’a déjà constaté dans son cellier et a dû pomper ! [7]

Ailleurs, on peut creuser davantage le sol pour des fondations, des caves, car les graviers de Perrigny recouvrent la zone saturée et la couche d’argile est plus épaisse qu’en St Urbain. [8]

Notes

[1] Aquifère : GÉOL. Qui porte ou qui contient de l’eau.

[2] remontée jaillissante d’eau en surface

[3] Il s’agit du niveau supérieur variable de la nappe souterraine ou de la remontée artésienne

[4] PPRI : plan de prévention des risques d’inondation.

[5] HYDROL. Ligne de plus grande pente d’une vallée, suivant laquelle se dirigent les eaux courantes.

[6] = fondation, construction en dessous du niveau du sol.

[7] Dans ce quartier de Marsannay les vieilles maisons n’ont pas de caves voûtées (trop profondes donc inondables) mais des celliers à moitié enterrés.

[8] Remarque : dans les immeubles des « Vignes Marie », rue de la Maladière, il faut parfois pomper.

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Rencontres à la croisée des chemins

Pourquoi les jardins de Saint Urbain doivent-ils être protégés ?

Aujourd’hui, c’est un non sens de bétonner et goudronner une terre vouée au maraîchage depuis des siècles et qui est toujours cultivée par des familles à la recherche d’une alimentation plus saine, moins coûteuse et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Cette terre de saint Urbain n’a jamais été aussi précieuse au moment où la ville tentaculaire se construit en étouffant la vie et où les décideurs cèdent aux promoteurs plutôt que d’être attentifs aux besoins des personnes, au moment où notre planète est en danger, la vie menacée, le monde déshumanisé... Se battre pour sauver Saint Urbain, c’est faire sa part de colibris, participer un peu à sauver ce qui peut encore l’être, à un éveil des consciences qui ne fait que commencer et qui permet à l’espoir de tracer son chemin vers l’avenir.