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mercredi 6 février 2013

Jardiner un potager au naturel

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Jardiner au naturel c’est faire avec le vivant, travailler avec la nature et pas contre la nature. Pour cela il y a des principes et des pratiques.

Avant tout se remettre les idées en place :

  • Les idées fausses :

Laisser faire la nature...

Or, le jardinage c’est l’intervention de l’homme dans un environnement le plus naturel possible. Si la maladie est naturelle, le prédateur est naturel, le jardinier doit éviter leur développement s’il veut récolter.

  • Les idées vraies :

Respecter la nature tout en l’amenant à donner plus que ce qu’elle ne donnerait à l’état sauvage.

Ceci sans aller contre les mécanismes naturels, sans rompre les équilibres, ou tout au moins les perturber le moins possible. Toujours en les rétablissant et les favorisant.

En conséquence, considérer que le jardinier n’est pas le seul acteur du jardin, qu’il en est un élément moteur mais un élément seulement.

Il doit donc préserver les ressources –les autres pièces du moteur- : le sol, l’eau, la biodiversité. Le moteur ici, c’est l’écosystème.

En retour, ces ressources, lorsqu’il sait les utiliser, apportent au jardinier un surcroit de récolte destiné à sa nourriture.

Mais attention ! L’intervention humaine reste le pivot du système : le jardinier va réguler les équilibres, il ne laisse pas « la nature reprendre ses droits » comme on dit ;

Et on peut récolter sans martyriser le sol, sans sortir la boîte à produits chimiques et tuer tout ce qui bouge, rampe, vole, saute… Quand il ne reste plus que le jardinier et la plante qu’il cultive, on est alors en situation de catastrophe écologique.

Bon, d’accord, j’ai compris, mais alors, c’est quoi la bonne attitude ?

On doit changer notre rapport au monde vivant : végétal, animal ; de dominateur, on passe à facilitateur, gérant, avec beaucoup d’Humilité [1]. Ne pas rechercher la performance, la géométrie, la discipline, il faut accepter les échecs, les saisons, les aléas climatiques…

Jardiner au naturel c’est donc faire avec le vivant, travailler avec la nature et pas contre la nature. Pour cela il y a des principes et des pratiques.

Les grands principes d’équilibre :

  • Prévenir  : anticiper par l’observation, faire du préventif pour éviter les problèmes.
  • Observer : la météo, les plantes, les prédateurs, le calendrier.
  • Compenser les écarts, « tout en douceur » : éviter les grandes variations sec/humide, froid/chaud, par exemple ne pas acheter un plant forcé sous serre ( filiforme, fragile, petites feuilles…) très tôt dans la saison et le repiquer illico : changement de terre, d’air chaud humide de la serre à nuit froide, jour sec et ensoleillé… la plante ne supporte pas, elle « brûle », devient malade, alors on va vite la soigner avec la pharmacopée du marchand…
  • Préserver le vivant : sol, air, eau.
  • Considérer la plante comme un organisme réactif, avec ses forces ses faiblesses qui redoute ou apprécie l’environnement que le jardinier lui a préparé (penser aux plantes voisines …) sans oublier sa finalité : se reproduire et maintenir l’espèce.

Les pratiques

  • Fertiliser : enrichir l’humus, voire le recréer par l’apport de Matière organique : compost, feuilles, fumiers, en surface ; en couvrir le jardin en automne (5/10 cm)
  • Couvrir en toute saison : paille bio, plantes couvre-sol, plantations étagées et associées (salade à l’ombre des choux, ou des tomates …). Eviter le BRF (bois raméal fragmenté) trop gourmand en azote pour les cultures en pleine production potagère.
  • Rotation des cultures légumières sur 3 ans au moins, 8 au mieux : légumes-racine/ légumes-feuille, ou selon les familles de légumes fabacées/ crucifères/ solonacées. Y inclure une jachère verte engrais verts à faucher et laisser sur place ou placer dans le compost
  • Choisir des plantes adaptées au sol et au climat, rustiques et robustes (bien regarder la tige du plant de tomate) ; éviter les exotiques les « nouveaux », les excentriques, les « haute performance », « grand rendement »...
  • Créer un environnement favorable : haie vive de feuillus, bandes fleuries (fleurs toute l’année), point d’eau, abri à insectes : tas de pierre, de branches, nichoirs LPO (Ligue Protectrice des Oiseaux).
  • Travailler le sol : aérer, favoriser la présence des vers de terre et de tous les insectes et micro-organismes du sol qui permettent l’assimilation des molécules, nourriture des plantes sans retourner la terre. Chaque organisme a sa place dans une strate du sol. Désherber régulièrement avant le grainage, laisser l’herbe sur place ou direction le compost.
  • Arroser si c’est nécessaire : pas d’aspersion, mais au pied le soir plutôt que le matin ; laisser la plante aller chercher elle-même ses réserves  ; de l’eau à température ambiante, de pluie si possible (eau pure). Eviter un sol à nu (rappel) ; le goutte à goutte est bon. « Plus vous arrosez moins vous récoltez » (la plante ne va pas chercher à faire des fleurs, des fruits, des graines pour sauvegarder l’espèce !).
  • S’outiller  : éviter la puissance (motoculteur de 10cv), s’outiller à la mesure de la taille de son jardin ; bons outils à main, solides, entretenus ; pulvérisateurs, grelinette 3/ 4 dents, tondeuse pour le couvert de tonte, de feuilles fabriquez vos extraits et macérations de plantes : ortie, prêle consoude , rhubarbe. Acheter en jardineries labellisées par la Charte « Jardiner en préservant sa santé et l’environnement » .
  • Savoir gérer ses déchets, un maximum de déchets reste au jardin, les ligneux à broyer, les plants malades en déchetterie (la montée en température des compostières détruit les bactéries ).
  • Bannir les produits phytopharmaceutiques, les apporter en déchetterie, passer du temps au jardin : retirer les insectes à la main (doryphores).

Prenez du plaisir à jardiner : rêver, vous détendre, humer les senteurs, jouir du coin de paradis que vous avez recréé .

Ce qu’il faut éviter !

 : Les «  cides » (herbicides, pesticides insecticides fongicides même si c’est EAJ (employé au jardin)).
Appauvrir la terre.
Enfouir le fumier.
Tasser la terre : passages d’engins, piétinement.
Arroser par temps chaud, avec de l’eau froide.
Déshabiller le sol.
Brûler les déchets.

Notes

[1] L’étymologie du mot "humilité" est la même que celle du mot "humus"en latin "le sol, la terre"

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Météo en Saint Urbain :


Rencontres à la croisée des chemins

Pourquoi les jardins de Saint Urbain doivent-ils être protégés ?

Aujourd’hui, c’est un non sens de bétonner et goudronner une terre vouée au maraîchage depuis des siècles et qui est toujours cultivée par des familles à la recherche d’une alimentation plus saine, moins coûteuse et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Cette terre de saint Urbain n’a jamais été aussi précieuse au moment où la ville tentaculaire se construit en étouffant la vie et où les décideurs cèdent aux promoteurs plutôt que d’être attentifs aux besoins des personnes, au moment où notre planète est en danger, la vie menacée, le monde déshumanisé... Se battre pour sauver Saint Urbain, c’est faire sa part de colibris, participer un peu à sauver ce qui peut encore l’être, à un éveil des consciences qui ne fait que commencer et qui permet à l’espoir de tracer son chemin vers l’avenir.