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mardi 5 novembre 2013

Novembre : vent frisquet et soleil tiède

Dans l’humidité du pré, deux coperins chevelus éclatent de blancheur.

Il a plu abondamment toute la nuit mais ce matin dans le ciel ressuyé un grand vent chasse les nuages tandis qu’un soleil tiède a attiré un couple de jardiniers dont les voix se mêlent au coassement des corbeaux.

Par ci par là, un potiron oublié, quelques bouquets de persil, des poireaux encore maigres, des cosmos fatigués ou une explosion de joyeux soucis oranges, bruns et jaunes.

Ce 3 novembre, comme il n’a pas encore gelé en Saint Urbain, je croise ça et là toutes sortes de petites surprises : la pyramide d’une fleur de trèfle incarnat des Alpes, les corolles jaune vif aux pétales inégaux de séneçons jacobée, un pied de sauge solidement ancré dans la glaise, les cinq pétales délicats d’une fleur de fraisier remontant fraichement éclose.

Les feuilles de framboisier jaunies s’accrochent encore au plant, une tige d’ail dresse sa boule de graines comme un hochet.

Un jardinier a négligé un minuscule potiron jaune en forme de poire, il n’a pas non plus cueilli ces grosses gousses de haricots jaunes gonflées de graines.

En bordure de parcelle, des zinnias jaunes dressent leur tête comme de petits dahlias. Plus loin, des choux, qui n’ont pas voulu pommer, étirent leurs grandes feuilles d’un vert palot.

Et ces petites pousses de salades résisteront-elles au froid, aux limaces et aux escargots ?

Quelques fleurs coupées encore épanouies jonchent le compost. Le vent se moque, il souffle en tourbillon, traverse le noyer qui se déplume sous un franc soleil de fin de matinée.

Sur le sentier, je découvre un pied de ciboulette sauvage, j’en ramasse quelques brindilles qui assaisonneront mes deux coperins.

Arrivée au puits de Mélusine, je lance dans l’eau et dans l’air automnal quelques pensées indécises.

Mes pas arpentent encore un peu les sentiers qui courent le long des parcelles endormies. La terre noire fraîchement grelinée, largement compostée est prête pour passer l’hiver.

L’angélus sonne, il est temps de rentrer.

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Rencontres à la croisée des chemins

Pourquoi les jardins de Saint Urbain doivent-ils être protégés ?

Aujourd’hui, c’est un non sens de bétonner et goudronner une terre vouée au maraîchage depuis des siècles et qui est toujours cultivée par des familles à la recherche d’une alimentation plus saine, moins coûteuse et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Cette terre de saint Urbain n’a jamais été aussi précieuse au moment où la ville tentaculaire se construit en étouffant la vie et où les décideurs cèdent aux promoteurs plutôt que d’être attentifs aux besoins des personnes, au moment où notre planète est en danger, la vie menacée, le monde déshumanisé... Se battre pour sauver Saint Urbain, c’est faire sa part de colibris, participer un peu à sauver ce qui peut encore l’être, à un éveil des consciences qui ne fait que commencer et qui permet à l’espoir de tracer son chemin vers l’avenir.