Accueil du site > Arts et vie en Saint-Urbain > De la particularité de Saint Urbain > Lettre à Monsieur le Commissaire enquêteur

dimanche 12 janvier 2014

Lettre à Monsieur le Commissaire enquêteur

Une jardinière a écrit sur le cahier du Commissaire Enquêteur la lettre suivante dont voici un extrait :

Pour lire la lettre en entier, cliquez sur "lire la suite de l’article"

Je suis née à Marsannay et j’ai passé mon enfance dans les jardins et vergers de Saint Urbain.

J’y ai appris tout ce qui manque aujourd’hui aux enfants :

le contact avec la nature, avec les éléments (terre, air, eau, feu), les surprises du climat, les saisons du jardin et du verger…

l’émerveillement devant la croissance des légumes, des fleurs

le goût des produits naturels-que ce soient les petits fruits, cassis, framboise, les petits pois précoces, ou les poires (Louise Bonne, curés) ou abricots , typiques du terroir…

les contacts entre les générations qui jardinaient ensemble et qui partageaient leurs expériences, s’entraidaient, ces jardins non clos permettaient la rencontre et les échanges

le respect du patrimoine de ce jardin d’origine monastique, la crainte des puits, l’apprentissage des codes sociaux

l’observation du ciel, de la terre, des animaux : de nombreux insectes, oiseaux…

les petits travaux du jardin : arroser, cueillir, écosser, conserver...

la poésie, le silence, le calme, le soleil, le vent, l’humidité, la sécheresse, les variations de la lumière, l’intériorité…

En rayant ce lieu, on privera les générations urbaines à venir de cette source de paix et de sagesse inestimable irremplaçable…

La ville ne peut envisager de se construire à l’infini sans songer à réserver des espaces de soin (ce fameux « care » dont prennent conscience les économistes les plus avancés).

Les anciens ont réservé avec sagesse des zones de jardins à proximité de leurs habitations.

Pendant une période assez courte, en gros la période des 30 glorieuses, ces jardins ont été délaissés parce qu’on a cru que le progrès était dans l’agriculture intensive et on a laissé le monopole des légumes et des fruits aux hypermarchés.

Aujourd’hui, on comprend nos erreurs : on a pollué les nappes phréatiques, l’eau est devenue un bien privé de plus en plus cher, les fruits et légumes traités à outrance sont responsables des maladies dites de « civilisation », on a construit des cités dortoirs génératrices de violences et de mal être… On sait que la planète est menacée de toutes parts par les abus d’une économie devenue folle et qui produit les effets contraires à ceux annoncés.

Cette prise de conscience, à l’échelle de Saint Urbain, me conduit à dire haut et fort que c’est une erreur de bétonner, de remplir le moindre espace, d’étouffer ainsi la vie là où elle est plus que jamais à protéger, à défendre. C’est une aberration de rayer de la carte ces jardins cultivés au naturel dans un esprit de respect de l’environnement et de la biodiversité.
Si nous voulons souhaiter la bienvenue à de nouveaux habitants de Marsannay, c’est en leur donnant accès à ce lieu privilégié et de plus en plus rare de jardins et de vergers pour qu’ils puissent eux aussi y trouver de quoi régénérer leur santé, psychique, physique, sociale.

L’association JVMC m’a donné la possibilité d’exploiter une parcelle : ces jardins ont agrandi ma conscience et mon point de vue. C’est comme s’ils me transmettaient leur ancestrale sagesse : à notre époque, c’est presque un miracle de pouvoir cultiver sans pesticides et de voir pousser des légumes sains au goût unique. C’est un lieu de rencontre, de trocs. La nature y est un maître, les saisons commandent, les plants poussent dans la lenteur et le silence…

Ce sont des pages et des pages qu’il faudrait écrire pour montrer combien ce lieu est une richesse pour tous ceux qui le fréquentent, spécialement les jardiniers qui y viennent avec leurs enfants, et à quel point ce serait une grave erreur de le sacrifier aux bétonneurs et investisseurs.

O. G.

Revenir à la

Météo en Saint Urbain :


Rencontres à la croisée des chemins

Pourquoi les jardins de Saint Urbain doivent-ils être protégés ?

Aujourd’hui, c’est un non sens de bétonner et goudronner une terre vouée au maraîchage depuis des siècles et qui est toujours cultivée par des familles à la recherche d’une alimentation plus saine, moins coûteuse et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Cette terre de saint Urbain n’a jamais été aussi précieuse au moment où la ville tentaculaire se construit en étouffant la vie et où les décideurs cèdent aux promoteurs plutôt que d’être attentifs aux besoins des personnes, au moment où notre planète est en danger, la vie menacée, le monde déshumanisé... Se battre pour sauver Saint Urbain, c’est faire sa part de colibris, participer un peu à sauver ce qui peut encore l’être, à un éveil des consciences qui ne fait que commencer et qui permet à l’espoir de tracer son chemin vers l’avenir.