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jeudi 10 avril 2014

Une petite musique qui mérite qu’on en fasse une rengaine

Lettre de Madame Rocambole à ses voisins de jardins

Chers amis,

La propriété privée est une idée exécrable. Par chance, nous ne sommes pas propriétaire de la terre que nous cultivons (remarquez que je ne dis pas « exploitons »).

C’est pourtant un exploit de cultiver au naturel jour après jour ainsi que nous le faisons.

Si nous respectons la terre, ce n’est pas parce qu’elle ne nous appartient pas au sens où elle appartient à quelqu’un d’autre mais au sens où elle ne nous appartient pas tout simplement.

Pour moi comme pour les Indiens, la terre n’est pas un espace dont on est propriétaire et qu’on clôt avant d’y planter un drapeau.

Non, comme eux, je pense qu’en quelque sorte elle est comme notre mère. On peut comprendre pourquoi il était important d’enterrer les gens où de déposer leurs cendres en terre. La terre, quand elle est fertile, nourrit les hommes et pour les hommes qui mangent de la viande, elle a nourri auparavant les animaux qu’ils consommeront.

Nous sommes dans une société de consommation qui nous pousse à « consommer » mais n’oublions pas que le sens premier de consommer est manger. Cette société réduit l’homme à une seule fonction : consommateur. Cela rend fou au point que l’homme détruit la terre qui le nourrit et la rend infertile, morte, désertique en l’inondant d’herbicides, d’insecticides, de produits issus de l’agent orange ce fameux défoliant utilisé entre autre pendant la guerre du Vietnam. En lisant cet article du Monde vous comprendrez que ces produits ne sont pas toxiques que pour les herbes ou les insectes.

Quand les hommes traitent les champs, les jardins, les parcs, pour éviter le moindre brin d’herbe, de chiendent ou de piépou… ce n’est pas uniquement la misérable terre déjà bien épuisée par les engrais qu’il rend infertile mais ce sont aussi les eaux des nappes phréatiques qui arroseront les champs, les aliments OGM bourrés de pesticides qui pousseront dans les champs et potagers et qu’il retrouvera dans son assiette et qui peu à peu l’empoisonneront lui-même en provoquant à long terme les maladies qui ravagent notre siècle.

La terre est notre mère nourricière ainsi que la mer, les rivières et l’air. Nous vivons dans un monde interdépendant, nous ne pouvons plus nous permettre de faire notre petite tambouille dans notre coin avec des nitrates par ci, du glycamol par là…

Au passage, voici un lien internet Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques
à consulter quand on ne sait pas trop à quel produit chimique on a à faire…

Nous avons tout à réapprendre, c’est comme si les cinquante dernières années n’avaient été qu’une longue période d’obscurantisme où l’homme occidental s’est comporté comme un goujat, comme un enfant pourri gâté persuadé que tout était possible pour améliorer ce qu’il croyait être son confort et qui n’était que la préparation d’un cercueil douillet pour les privilégiés et d’une fosse commune pour le reste de l’humanité, l’homme occidental appelait ça le progrès et il continuait d »y croire tout en dévastant la terre et bientôt les océans et il se vautrait dans ses excès sans vouloir voir le monde s’effondrer sous les effets de sa propre folie…

Madame Rocambole

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Rencontres à la croisée des chemins

Pourquoi les jardins de Saint Urbain doivent-ils être protégés ?

Aujourd’hui, c’est un non sens de bétonner et goudronner une terre vouée au maraîchage depuis des siècles et qui est toujours cultivée par des familles à la recherche d’une alimentation plus saine, moins coûteuse et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Cette terre de saint Urbain n’a jamais été aussi précieuse au moment où la ville tentaculaire se construit en étouffant la vie et où les décideurs cèdent aux promoteurs plutôt que d’être attentifs aux besoins des personnes, au moment où notre planète est en danger, la vie menacée, le monde déshumanisé... Se battre pour sauver Saint Urbain, c’est faire sa part de colibris, participer un peu à sauver ce qui peut encore l’être, à un éveil des consciences qui ne fait que commencer et qui permet à l’espoir de tracer son chemin vers l’avenir.