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dimanche 8 mars 2015

Coriaces pipou ou grimon, on arrache ?

"Grimon" c’est ainsi que ma grand-mère nommait le chiendent et elle appelait "pipou" la renoncule rampante, ce petit bouton d’or qui envahit toujours nos jardins. Ya rien de nouveau sous le soleil !

La renoncule rampante (Ranunculus repens) a bien d’autres noms comme "bassinet", "chasse", "piépon", "pied de coq" ou "pied-de-poule" d’où les diminutifs "piépou" ou "pipou".

C’est en Angleterre que cette plante a donné lieu à de nombreux sobriquets savoureux !

  • "buttercup" = tasse de beurre,
  • "creeping" = rampante
  • "meg-many-feet" = qui peut avoir de nombreux pieds
  • "cat’s claws" = les griffes de chat
  • "crawfeet" = pieds rampants
  • "crazy" = fou
  • "creeping crazy" = fou rampant
  • "crazy-more" = encore plus fou
  • "crowtoe"= orteil du corbeau
  • "devil’s guts" = les entrailles du diable
  • "lantern leaves"= les feuilles de la lanterne
  • "old wife’s threads" = les fils de la vieille femme (fil)
  • "ram’s claws" = griffes de bélier
  • "sitfast" = durillon
  • "tangle-grass" = herbe enchevêtrée
  • "tether toad" = attache de crapaud
  • "bur-crowfeet" = le cruchon des pieds de la corneille

Imaginez la noire corneille posant ses pattes dans la fleur de bouton d’or gorgée d’eau !

Cette petite peste est toxique à l’état frais mais ses corolles jaunes vernissées sont un régal pour les yeux !

Et le chiendent ?


Le dictionnaire de Vocabulaire de Géographie agraire de P. Fénelon l’atteste.

"Grimon s. m. — Un des nombreux noms du chiendent, en Bourgogne."

Son nom patois de grimon lui vient d’une déformation de gramon lui même issu de la même étymologie que "graminée" du latin "gramen, graminis" = herbe.

En effet, cette plante appartient à la famille des poacées (autrefois graminées).

Les Anglais disent aussi dog grass et les Italiens gramigna, dente-canino, caprinella, mais aussi gramigna et les Espagnols : grama del norte... où on retrouve le "gramen" latin.

Malgré sa mauvaise réputation, le chiendent possède des propriétés nutritives et thérapeutiques fort bénéfiques pour notre organisme.

A ce sujet voyons un peu l’histoire locale :

"Jusqu’en 1885, il n’y eut pas de pharmacie à Brazey. Mais chacun avait chez lui une petite herboristerie. On envoyait dans les champs les enfants en quête de plantes médicinales en vogue : de la centaurée, du "grimont " (chiendent) dans les "étoules" par exemple. On avait, en effet, souvent recours aux infusions. Chaque ménage avait également sa petite fiole de teinture d’arnica, pour les cas de contusions, et une bouteille d’huile dans laquelle macéraient des fleurs de millepertuis pour soigner les plaies. En cas de luxation, on allait chez un rebouteux, qui opérait avec rapidité, mais non sans douleur..."

Trouvé sur le site de la Commune de Brazey-en-Plaine

"Le rhizome peut être séché et moulu puis utilisé en bouillie : ce légume-racine était ainsi utilisé en période de disette ou simplement séché pour en faire des brosses. Les jeunes pousses de rhizome peuvent être mangées crues." nous apprend Wikipaedia


Le chiendent rampant est une herbe médicinale :

Le "rhizome traditionnellement utilisé pour favoriser les fonctions d’élimination urinaire et digestive et comme adjuvant des régimes amaigrissants."

Académie nationale de pharmacie

Sur la page des jardins de la sablière vous trouverez la recette de la bière de chiendent !

Voir en ligne : Une mine d’information sur le chiendent sur cette page !

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Météo en Saint Urbain :


Rencontres à la croisée des chemins

Pourquoi les jardins de Saint Urbain doivent-ils être protégés ?

Aujourd’hui, c’est un non sens de bétonner et goudronner une terre vouée au maraîchage depuis des siècles et qui est toujours cultivée par des familles à la recherche d’une alimentation plus saine, moins coûteuse et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Cette terre de saint Urbain n’a jamais été aussi précieuse au moment où la ville tentaculaire se construit en étouffant la vie et où les décideurs cèdent aux promoteurs plutôt que d’être attentifs aux besoins des personnes, au moment où notre planète est en danger, la vie menacée, le monde déshumanisé... Se battre pour sauver Saint Urbain, c’est faire sa part de colibris, participer un peu à sauver ce qui peut encore l’être, à un éveil des consciences qui ne fait que commencer et qui permet à l’espoir de tracer son chemin vers l’avenir.